samedi 8 septembre 2007

En attendant le ciel.

La journée a commencé aujourd'hui avec une petite visite chez le médecin pour mon « certif » de classe 1. Le bon Docteur Lachance commence par me demander mon « médical » précédent, c'est-à-dire celui qui m’aurait été attribué lors d’une précédente visite. Ce qui sous-tend que mon âge le perturbe quelque peu et qu’il n’a pas l’habitude de voir de vieux débutants tels que moi. Il en profite d’entrée de jeu pour me rappeler que, étant donnés mes 43 ans tous frais, je devrai repasser la visite tous les six mois et l’électrocardiogramme tous les ans. Me voilà bien prévenu.
Pas de souci particulier ; il faut dire qu’il a été moins tatillon et exigeant que le médecin français qui m’a donné ma classe 2. J’obtiens donc ma non contre-indication au vol après quelques AAAAAAA et palpations chatouilleuses.
Le bon Docteur me souhaite finalement « bonne chance » en me serrant la main… j’hésite à lui répondre que grâce à lui ça ne devrait pas être un problème… (suivez un peu). Mais je m’abstiens. Il me tend une prescription pour un audiogramme et un électrocardiogramme, lequel est à passer sans rendez-vous à l’hôpital de Chicoutimi où je me rends sans attendre.
Là encore, l’infirmière qui me colle ses petites pastilles bleues sur le haut du corps, fait allusion à mon « renouvellement » de licence et de médical… je vais devoir m’habituer à l’effet de surprise que provoque mon statut de « vieil étudiant ».
Je profite du retour et de mon passage à proximité de l’aéroport de St Honoré pour transmettre à Marie le sésame que vient de me donner le médecin ; elle en profite pour me présenter au Chef instructeur qui vient de rentrer de vacances. Je vois par la baie vitrée des locaux d’ExactAir les monomoteurs jaune et rouge du CFAQ (Centre de Formation Aérienne du Québec – établissement d’enseignement public pour les jeunes étudiants Québecois) qui décollent les uns derrière les autres…

Le bonhomme a la poignée de main ferme et virile, le regard droit derrière ses lunettes, le sourire très amical. Petite discussion à la volée sur leur prestation, l’organisation des cours, sur le coût et les modalités de règlement. Nous tombons rapidement d’accord sur le fait que je dois reprendre toute la formation depuis le début. Il semble accueillir comme une bonne nouvelle le fait que je souhaite faire ma formation à plein temps. Il note mon nom sur son planning… il me dit avoir déjà entendu ce nom quelque part il y a déjà un moment. Je doute pourtant m’être déjà fait un nom dans le milieu… Jérôme est certainement passé par là ; il connaît et côtoie, à mon avis, bien plus de monde dans ce milieu qu’il ne veut bien le dire lui-même. Je ne vois pas d’autre raison…
A mon grand étonnement, Stéphane (le chef-instructeur) évoque la possibilité pour moi, au terme de ma formation, de faire les patrouilles de feu l’été. Je lui réponds que j’en serais absolument ravi, mais que je préfère ne pas trop y penser dans l’immédiat et me consacrer avant tout à la réussite de ma licence. Je marque un point. Très rapidement, un instructeur m’est « attribué ». C’est un jeune instructeur, il est français (ça alors !), originaire de Strasbourg, et s’appelle Julien.
Julien me rappelle dans l’après-midi pour pendre rendez-vous le lendemain afin de faire connaissance et éventuellement faire un petit vol qui, je suppose, lui permettra de voir où j’en suis. Il va sans dire que je demanderai à changer d’instructeur si le courant ne passe pas ; il est inconcevable de passer des dizaines d'heures dans le cockpit d’un Cessna en compagnie d’une personne avec laquelle on n’a aucun atome crochu et en laquelle on a forcément une confiance toute limitée. Mais la voix du garçon est plutôt sympathique au téléphone. Je note d’ailleurs qu’il a déjà pris l’accent Québecois.
J’avoue que j’aurais aimé avoir pour instructeur quelqu’un de plus vieux que moi, avec plus d’expérience de l’air et de l’instruction ; quelqu’un qui puisse faire figure de mentor en quelque sorte. Mais la valeur n’attendant pas le nombre des années à ce que l’on dit, je me dois de laisser à Julien l’occasion de faire son expérience, et même d’exprimer un talent qu’il a peut-être déjà. Car n’est-ce pas ce que j’attendrais de mes élèves si j’étais à sa place ? Or j’aurai peut-être cette place un jour…

Le « lendemain » est en fait aujourd’hui où j’écris ces lignes… j’ai rendez-vous avec le ciel à 15h00. Mais le plafond est très gris et très bas aujourd’hui : 60 pour cent de probabilité d'averses avec risque d'orages. Vents du sud de 30 km/h avec rafales à 50. Je pense que le ciel me fera attendre et je devrai probablement me contenter de faire connaissance avec mon « ange-gardien ».

0 commentaires: