dimanche 9 septembre 2007

Rencontre avec le petit prince.

Comme je l’avais pressenti, le ciel m’a fait attendre. Trop de vent, de nuages, et de risques de pluie. Le prochain rendez-vous est donc pris pour mardi 11 de 13 à 15h00 ; deux bonnes heures de bonheur… si dame météo ne décide pas de jouer les farceuses d’ici là.

Julien, mon instructeur, est très jeune. 25 ans. Son teint blanc, ses cheveux très blonds et ses yeux bleus lui donnent encore un air de grand adolescent. Tendance allemande, origines obligent. Son accent est résolument québécois, si ce n’est parfois quelques petites pointes d’accent de l’est de chez nous. Julien est un peu lunaire. Son regard clair, lorsqu’il parle, semble voir à travers vous ; un peu comme s’il était dans un songe permanent. Plus jeune, il devait certainement avoir l’air du petit prince de notre regretté Saint-Ex. Il semble à la fois fragile de par son physique un peu fluet, et, en même temps, assez sûr de lui et de ce qu’il fait. Sa chemise à épaulettes est un peu grande pour lui, et son cou mince et blanc flotte dedans. D’ailleurs, il faudra qu’il arrête de laver ses chemises blanches avec ses pantalons bleus qui déteignent. A sa décharge, il est vrai qu’il est peut-être plus simple, ici, de piloter un avion qu’une « laveuse » américaine !
Julien ne s’est pas laissé surprendre par mon âge et a tout de suite été à l’aise avec moi. Et réciproquement. J’avoue m’être demandé l’espace d’un instant comment un si jeune garçon allait pouvoir m’instruire, moi qui ai plutôt l’habitude de chercher l’expérience des anciens. Mais je me suis rapidement souvenu que ce garçon en sait cent fois plus que moi dans le domaine. Et Julien a un atout dans sa manche… il est extrêmement sympathique. Ca aide.
Nous avons fait le point sur mon expérience de l’air, sur les documents qui me manquaient, fait le tour des Cessna 172, effectué une visite pré-vol juste pour le fun et pour me rafraîchir la mémoire, décidé, à ma demande, que je piloterais alternativement les 3 machines afin de me familiariser sur des avions qui se comportent forcément un peu différemment. Je lui ai finalement expliqué ce que j’attendais de lui, et lui m’a expliqué qu’il attendait mon P-Star ( test écrit de 200 questions que l’on passe avant de commencer à voler en solo) pour la fin de semaine prochaine… ce qui a donné le ton sur sa pédagogie ; et j’avoue en être resté bouche bée, ce test me semblant un peu prématuré. Mais soit… je m’y collerai, je suis là pour cela.
Les cours théoriques devraient commencer dans le courant de la semaine prochaine, un groupe d’élèves-pilotes étant maintenant quasiment constitué. Pas de problème à priori pour enregistrer les cours sur dictaphone numérique… mais à faire confirmer, néanmoins, par Stéphane, le chef instructeur.
Voilà, cette fois j’ai bien mis le pied dans l’ouverture de la porte et l’aventure va pouvoir commencer. Une fois le devis signé, la théorie et les premiers vols payés, nous pourrons, je pense, considérer que je suis officiellement élève-pilote chez ExactAir.

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