Prologue
Il y a bien longtemps, alors que j’usais encore mes fonds de culottes sur les bancs de l’école primaire et que j’expliquais à ma mère quel métier je ferais plus tard, celle-ci me dit au vu de mes résultats scolaires : « Tu es aussi nul en maths que ta mère ! Décidément, c’est de famille. Mais c’est pas avec des notes pareilles que tu feras un jour ce métier».
Le verdict venait de tomber, tranchant, sans appel, et j’allais dès lors oublier presque définitivement de lever la tête, moi qui l’avais si souvent levée depuis que j’avais été en âge de mettre un pied devant l’autre.
Je n’étais probablement pas nul en maths. A mon âge, j’avais juste une bonne chance de devenir un peu meilleur. Mais apprendre que même ma mère était nulle en maths m’interdit tout à coup tout espoir de faire partie d’une quelconque élite.
Les enfants croient toujours tout ce que disent les mamans. Répéter à un enfant qu’il est mauvais et sans avenir est une ânerie. En revanche, dire à un enfant qu’il peut être brillant et lui montrer comment, est, à mon sens, une des plus belles choses qui soient. Il le croira d’autant plus que cela ne peut être mensonge.
On ne devrait jamais mentir aux enfants. Même par erreur.

