mardi 29 mai 2007

En passant...

Peu de temps pour alimenter ce blog en ce moment ; les projets clients se bousculent et ne me laissent quasiment aucune visibilité sur une échéance raisonnable quant à mon départ pour le Québec. Me voici donc le cul entre deux chaises, tiraillé entre l’envie de partir au plus tôt et le besoin express de réunir le budget nécessaire à ma formation dans le temps le plus court possible.
En attendant, je garde la tête dans le guidon et accepte les projets que l’on me propose. Comme dit le proverbe, « mieux vaut pêcher par excès que par défaut »… et plus mes moyens financiers seront importants, plus je serai serein et pourrai aborder cette formation l’esprit libre de toute contrainte. Quelle satisfaction, j’imagine, que de pouvoir se consacrer uniquement à l’objectif que l’on s’est fixé… sans rien ni personne pour créer les interférences qui ne manqueraient pas de m’en détourner dans d’autres circonstances.

J’ai pris rendez-vous chez un médecin agréé par la DGAC pour une visite médicale. Inutile de me lancer dans cette aventure si mon état de santé devait s’avérer incompatible avec le pilotage ou l’altitude. Je ne crains pas grand-chose si ce n’est un excès de poids et une presbytie naissante ; mais on ne sait jamais ce qu’un bilan sanguin ou un électrocardiogramme pourrait révéler, contre toute attente. Alors autant prendre mes dispositions avant de me lancer dans l’action, ce qui évitera les déconvenues une fois arrivé au Québec. Cela ferait désordre, non ?
Cela dit, je n’ai pas envisagé l’hypothèse que je puisse être « recalé » à la visite médicale. Je n’ai donc pas de plan B. Et si le plan A devait être tué dans l’œuf… franchement, je préfère ne même pas l’imaginer.

lundi 14 mai 2007

L'étoffe des héros...

Chacun d’entre nous a eu, à un moment ou l’autre de sa vie, son lot de héros pour l’aider à prendre exemple et à se réaliser. Du grand-père mort pour la France, au voisin du troisième qui sauva 2 enfants de la noyade, en passant par un Thierry la Fronde ou un Zorro un peu trop parfaits et cathodiques, qui n’a pas eu l’envie de ressembler à son héro, de vivre sa vie, ou de réaliser les mêmes exploits ? Moi, justement. Je n’ai jamais vraiment eu envie de ressembler à quelque héro que ce soit qui m’aurait en quelque sorte dicté une ligne de conduite pour le reste de ma vie. Jusque récemment où j’ai eu l’occasion de découvrir, par blogs interposés, l’expérience de jeunes pilotes ou élèves pilotes qui, eux aussi, se lancent ou se sont lancés dans l’aventure du ciel.
Parmi les quelques blogs que j’ai pu lire, l’un d’entre eux m’a vraiment intéressé, voire tout bonnement ému. Ce pilote blogger se prénomme Danny ; il est français et approche la trentaine. Son histoire est tout à fait étonnante et n’est pas tout à fait étrangère dans ma décision finale de changer de vie professionnelle.
Danny s’est expatrié aux USA à l’âge de 20 ans, après s’être fait recaler pour myopie en France à l’issue d’une visite médicale pour licence professionnelle alors qu’il pilotait depuis l’âge de 16 ans. Depuis, sa progression a été parfaite et il a gravi les échelons jusqu’à devenir instructeur, puis commandant de bord ; et ce malgré son déracinement, un statut temporaire de résident irrégulier dans le pays, une concurrence féroce des pilotes sur un marché de l’aviation excessivement mouvant et souvent très incertain.
Malgré son « handicap » et sa médiocrité en maths, et des commandes de petits avions à celles d’un airbus, en passant par le cockpit d’un Jetstream d’air-ambulance, Danny a vécu une aventure incroyable et a réalisé pleinement son rêve de gosse… celui de pilote de ligne. Simplement parce qu’il y a cru depuis le début et qu’il a eu la force de caractère, la patience et la ténacité pour le faire. Ou peut-être tout simplement parce qu’il n’a jamais imaginé que cela puisse être impossible.
Voilà le genre de héro que j’aurais aimé avoir lorsque j’étais gosse. J’ai beaucoup d’admiration pour ce qu’il est et ce qu’il fait, et, pour tout dire, c’est à lui que j’aimerais ressembler aujourd’hui. Il est typiquement le genre de personnage dont les « âmes égarées » devraient connaître l’histoire tant elle porte l’espoir.
Lorsque je réfléchis à mon projet et que le doute m’habite, je relis l’histoire de Danny. J’y retrouve toujours de quoi me remettre debout et me dire que je suis le seul à pouvoir changer ce qui doit être changé.
Mais seule la lecture de son histoire pourra vous faire comprendre exactement de quoi je parle… c’est par ici.

mercredi 9 mai 2007

Le regard des autres...

Coup de fil de Michel V. il y a quelques jours. On se donne les dernières nouvelles. Il part pour trois semaines de vacances au Mexique et sera à la retraite à son retour. Comme le temps passe…
- Et toi, Thierry, où en es-tu ? Quelles sont les nouvelles ?
- Ben moi… j’en ai ma claque de mon job, je suis arrivé au taquet ; j’ai décidé de me reconvertir.
- Ah ? Et que vas-tu faire ?
- Passer ma licence de pilote professionnel au Canada et faire du transport d’urgence médicale, de la brousse, ou du nolisement...
Silence de mort interminable à l’autre bout du fil. Il n’y croit pas une seconde. J’éclate simplement de rire. Car la même situation s’est produite il y a quelques semaines à Toulouse lors du week-end de Pâques alors que je participais à un tournoi de rugby.
J’ai commencé à informer mes co-équipiers de mon projet professionnel. Chaque fois, leur regard a trahi leur doute. Personne n’y croit vraiment. Comment un simple webdesigner de 42 ans pourrait-il changer à ce point de vie professionnelle et se retrouver aux commandes d’un avion ? Comment peut-on basculer ainsi d’un univers professionnel à un autre ? C’est probablement la question qu’ils se sont posée au moment où j’exposais mon projet. Et c’est là toute la différence entre notre culture du travail et la culture du travail Nord-Américaine. Chez nous, il faut justifier sa décision, expliquer en long, en large, et en travers pourquoi et comment on va changer d’orientation professionnelle. Car on aime mettre les gens dans des compartiments, les étiqueter, les labelliser, leur attribuer une fonction précise et, si possible, définitive. Jusque récemment, lors d’un entretien d’embauche, on considérait encore comme instable tout individu qui affichait un CV trop riche en épisodes. Les choses changent, certes, mais lentement.
En Amérique du nord, la question ne se pose même pas. Plus on est enclin à changer de fonction, plus on fait preuve de curiosité, d’adaptabilité, de souplesse et d’intelligence. J’ai fait part de mon projet à plusieurs amis Canadiens et Américains. Ils ont manifesté une certaine joie à l’idée que j’allais entreprendre quelque chose de nouveau et me lancer un grand défi. Pour eux, comme pour moi, cela représente un privilège. A aucun moment je n’ai senti le doute s’installer dans leurs encouragements.
J’ai conscience de passer, aux yeux de certains, pour un prétentieux, un fou furieux, ou un doux rêveur. Peu importe…leurs doutes seront pour moi une raison de plus pour réussir. Et je ne connais personne qui ait réussi ce genre d’entreprise sans un minimum de prétentions, sans un brin de folie… et surtout sans rêver.


Et comme disait René Char : « Impose ta chance, serre ton bonheur et va vers ton risque. A te regarder, ils s'habitueront. »