jeudi 5 juillet 2007

Un pas en avant.

Départ de Paris-CDG le 21 août prochain à 16h20, arrivée à 18h08 à Montréal.
Voilà, c’est fait, le billet est désormais réservé et payé. Plus rien ne va m’arrêter dans cette aventure, et je m’accrocherai bientôt joyeusement aux nuages canadiens.
Je suis à la fois impatient et anxieux de ce futur proche. Chaque jour qui passe et me rapproche du départ m’apporte son lot de doutes et de questionnements. Serai-je à la hauteur de mes ambitions ? Ce rêve n’est-il pas trop grand pour moi ? Suis-je encore capable, à presque 43 ans, d’assumer la somme de travail qui m’incombera bientôt ? Ma démarche est-elle celle d’un égoïste qui pense à soigner sa « petite » personne plus que celle qui partage sa vie aujourd’hui ? Mais l’essentiel n’est-il pas de tout faire pour être bien dans cette courte vie, quitte à en payer et en faire payer – malheureusement - un prix douloureux ?
J’ai finalement beau me dire, chaque fois, que l’échéance est trop proche pour avoir des doutes, les mêmes leitmotivs me harcèlent. La crainte de l’échec n’y est pas étrangère, je suppose. A moins qu’il ne s’agisse d’un vieux réflexe de lâcheté qui consiste à trouver toutes les « bonnes » raisons de faire marche arrière… Ce qui revient au même, en fait. Mais qu’on se rassure, il me suffit de revenir aux raisons qui ont motivé ma décision pour reprendre mes esprits et mon élan.

Il y a bien longtemps que je n’ai plus vraiment appris quelque chose. J’ai donc commencé à réfléchir à des stratégies d’apprentissage. Chaque pause que je fais dans mon travail est dédiée à la recherche, sur le net, de « cours » aéro, d’expériences de pilotes ; mais aussi et surtout de méthodes d’apprentissage, d’accélération de l’assimilation, et de mémorisation. Car à l’évidence, il me faudra réapprendre à apprendre. Le sac rempli de documentation et de livres de cours que j’ai laissé au Québec il y a un an et demi fait « à peine » 10 kilos… c’est tout dire de la somme phénoménale d’informations qu’il faut assimiler pour devenir pilote. De la météorologie à la dynamique du vol, en passant par la navigation, les radiocommunications, les facteurs humains, les systèmes, la réglementation aérienne, etc… la consistance de la formation ne laisse, elle, aucun doute quant à l’effort et le travail personnel à produire pour accéder au graal. Et comme disait si justement l’historien américain Henry Brooks Adams : « Ceux qui savent apprendre en savent assez.» Dieu que j’aimerais faire partie de ceux-là !
C’est donc un véritable plan de bataille que j’échafaude, une guerre contre moi-même et mon ignorance que je m’apprête à livrer.

Je commence aussi à compter les jours… 47 au jus.