mardi 17 juin 2008

Fatale immersion.

Quelques rapides nouvelles du front.

Navigation de la 150 Milles NautiquesMa 150 milles nautiques autour du lac St-Jean est enfin faite. Elle date déjà de quelques jours. Même pilote, même vol, mêmes conditions météo ou presque, mais sans les passagers, et surtout avec une bien meilleure intégration et un meilleur atterrissage à Dolbeau. Et pour finir, pas peu fier d’avoir enfin fait cela tout seul. Juste pour l'anecdote : le contrôleur aérien du Terminal de Bagotville (vous savez, les militaires, précis et carrés...) doit encore se rouler par terre de rire d'avoir dû m'annoncer, goguenard, qu'il me restait encore 15 milles nautiques à parcourir jusqu'à la fin de zone de contrôle alors que je l'informais, fier comme un coq, que je venais d'en sortir.

Depuis, j'ai arrêté les vols et j’ai enchaîné chaque soir les tests écrits du "Culhane"Du nom de l'auteur... condensé de théorie aéronautique pour la licence privée. Bien qu'édité uniquement en anglais, cet ouvrage est un incontournable qui va droit à l'essentiel., et les pré-tests de Transport Canada chez ExactAir le jour. Pas le temps de chômer : 3 heures de test QCM sur 100 questions le matin, 30 à 45 minutes pour déjeuner, et corrections du test l’après-midi. Même les questions bien répondues sont revues avec Benjamin qui s’assure que je ne les ai pas « gagnées » au hasard. Et je joue le jeu ; dans mon propre intérêt, je lui dis franchement lorsque je ne savais pas la réponse et que j’y suis allé « au pif » ou en pointant une réponse les yeux fermés (si,si...). Une fois le test corrigé, retour à la maison avec les questions, dîner, révisions, et re-test avec les mêmes questions. Juste histoire de bien enfoncer le clou et de faire digérer tout cela à mon petit cerveau pendant la nuit.
Transport Canada exige une note globale de 60% et une note de 60% pour chaque module de l'examenRéglementation, Météo, Connaissances Générales, Navigation. Ce n’est pas la mer à boire, me direz-vous. Mais la tournure des certaines questions fait souvent office de « piège à con », et il n’en faut pas plus pour me rendre totalement parano. D’où une tendance à chercher l’arnaque et à compliquer les choses lorsqu’elles sont pourtant toutes simples et évidentes. Et pour le plus grand plaisir/agacement de Benjamin, je remets souvent en cause la formulation des questions et le caractère parfois très approximatif des résultats proposés dans le choix des réponses. J’imaginais l’aviation comme un milieu où règnent le noir et le blanc, notamment lorsqu’on utilise un calculateur de vol pour trouver une toute bête vitesse-sol ou une consommation essence. Eh bien, pas du tout… Transport Canada aime aussi le gris ! Cela me laisse perplexe.
Mais je dois bien reconnaître que je n’ai pas besoin de Transport Canada pour me « planter » lamentablement sur des questions parfois « faciles ». Mon manque de concentration, ma précipitation, mes étourderies et ma tendance à ne lire parfois que la moitié de la question ou des réponses proposées suffisent à réduire significativement mon score. Sans parler des cases cochées par erreur, ce qui arrache à Benjamin de longs soupirs de désolation et des regards en biais presque inquiétants. Presque.

Mes plus grosses faiblesses apparaissent en météo et en réglementation. J’ai beaucoup de mal à me représenter certaines données météo, et une tendance chronique à oublier les données chiffrées telles que les altitudes ou les distances réglementaires qui ne sont jamais radicalement différentes d’un contexte à l’autre. Pourtant, Benjamin qui fait preuve d'une patience à toute épreuve et d'une volonté absolue de m'amener au succès, y va de son ennième explication ou de son "joli" dessin à chaque fois.
Ma seule stratégie consiste à gérer au mieux le temps pour avoir l’esprit tranquille et ne pas stresser sur les calculs : donner toutes les réponses dont je suis absolument sûr, puis revenir sur les questions « en attente » d’un module avant de passer au suivant. Les dernières questions du test sont généralement simples et j’y réponds avant de terminer « tranquillement » avec les plus gros calculs de navigation et de masse et centrage. Seuls inconvénients de cette méthode : la tendance à aller trop vite au début, et le risque d’oublier des questions ou de décaler les réponses, comme je l’ai fait aujourd’hui.

Malgré tout, mon dernier résultat de ce matin est de 70%. Vous l’avez compris, l’examen n’est pas loin. Mais je me garde bien d’en communiquer la date, ne serait-ce que pour éviter les inévitables « Alors, t’es prêt ? », « Comment tu le sens ? », « Pas trop stressé ? », « tu sais, t'es pas plus idiot qu'un autre, tu vas y arriver » ( je l'aime bien celle-là)… et autres mises sous pression de circonstance.

D'ailleurs, à propos de pression, je vous laisse... j'ai laissé un "facteur de charge" sur le feu.

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